Le plastique, indispensable pour préserver notre planète ?

Adoptée par le Parlement français le 2 octobre 2018, la loi EGalim pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable comporte plusieurs dispositions visant à réduire l’utilisation du plastique afin de protéger la santé des consommateurs et à lutter contre la pollution des océans. Pourtant, à bien des égards, l’emploi de ce matériau offre bien des avantages, y compris en matière de protection environnementale.

Que dit la loi EGalim ?

Promulguée le 1er novembre 2018, la loi EGalim comporte de nombreuses dispositions, certaines impactant directement l’usage du plastique :

  • le 1er janvier 2020 : l’art. 28, I, 1° met fin à « la mise à disposition des couverts, pics à steak, couvercles à verre jetables, plateaux-repas, pots à glace, saladiers et boîtes en matière plastique » ;
  • le 1er janvier 2025 : l’art. 28, I, 1° met fin à « l’utilisation de contenants alimentaires de cuisson, de réchauffe et de service en matière plastique dans les services de restauration collective des établissements scolaires et universitaires ainsi que des établissements d’accueil des enfants de moins de six ans » (Art. 28, I, 2°).

Certes, ces dispositions peuvent être perçues comme une avancée contre la pollution plastique qui s’immisce partout, jusque dans les océans et même dans certains aliments. Mais elles créent en même temps un certain flou en ce qui concerne la notion de « jetable », sans proposer par ailleurs la moindre solution concernant le traitement de la matière en fin de vie. Et pourtant, rien qu’en France, le taux de recyclage du plastique n’est seulement que de 26% en 2016 et a peu évolué depuis. Il y a donc une marge de progrès considérable dans ce domaine.

Sans toutefois minimiser la responsabilité de l’Europe ou des Etats-Unis, il a par ailleurs été démontré que ces derniers ne sont responsables que de 2% des plastiques présents en mer (Source : https://www.iswa.org/fileadmin/user_upload/Calendar_2011_03_AMERICANA/Science-2015-Jambeck-768-71__2_.pdf). Plutôt que d’imposer aux USA et au Vieux Continent de nouvelles contraintes au bénéfice finalement minime, il serait plus judicieux de réunir les dirigeants de toute la planète pour traiter de cette pollution plastique à l’échelle mondiale, comme c’est déjà le cas pour les émissions de CO2 et le réchauffement planétaire.
Seule une action concertée de tous les continents permettra effectivement de réduire le rejet de plastique dans la nature.

Pourquoi un monde sans plastique est utopique

Dans les années 1960, le plastique connaît un essor formidable. Au XXIe siècle, il est omniprésent et intervient par exemple dans la fabrication de textiles, de revêtements de sol, de signalétique, d’ordinateurs, de citernes ou encore de films à usage agricole (roundballers).

Le plastique, pour préserver les ressources de la planète

Plus que jamais, il est essentiel de dédiaboliser l’usage du plastique qui, contrairement à bien des idées reçues, peut contribuer à protéger notre planète ou à prévenir certains effets du réchauffement de la planète. C’est notamment le cas quand il est utilisé pour :

  • constituer des réserves d’eau de pluie pour les exploitations agricoles, certaines entreprises et les particuliers : les épisodes de sécheresse vont être toujours plus nombreux dans les années à venir. Un réservoir posé au sol ou enterré est l’une des solutions les plus simples pour gérer au mieux cette précieuse ressource quand elle se raréfie ;
  • stocker des résidus industriels avant leur traitement. C’est le seul matériau pouvant aujourd’hui supporter toutes sortes de contraintes, comme la chaleur, le froid ou encore l’aspect corrosif de certains déchets ;
  • conserver des aliments et réduire le gaspillage alimentaire. Grâce à l’utilisation de solutions d’emballage appropriées, le gaspillage alimentaire est à moins de 3% dans l’Union Européenne, ce qui est particulièrement faible. Moins de gaspillage contribue à préserver les ressources ;
  • isoler des bâtiments industriels, des habitations ou encore des réfrigérateurs, contribuant ainsi à réduire la consommation d’énergie et donc à préserver notre environnement ;
  • remplacer certaines pièces métalliques, par exemple dans la construction automobile. Les véhicules sont alors plus légers, ce qui induit une réduction de la consommation de carburant et des rejets en CO2.

Le plastique ne peut pas toujours être remplacé

Si c’est parfois envisageable, remplacer 100% du plastique aujourd’hui utilisé n’est pas possible pour deux raisons principales :

  • ce matériau peut être modelé à volonté : le verre est souvent présenté comme une alternative verte au plastique. Malheureusement, il ne peut être façonné comme le plastique sans compromettre sa résistance par exemple, et donc ne peut s’y substituer. Aucun matériau actuellement connu ne rassemble aujourd’hui les mêmes caractéristiques ;
  • les substituts actuels sont plus énergivores. Ainsi, le verre, bien que 100% recyclable, n’en est pas moins polluant en raison d’une fabrication énergivore. A titre de comparaison, une bouteille de verre induit le rejet de 345 g de CO2 dans l’atmosphère, contre seulement 129 g pour la bouteille PET. Même son de cloche pour les « bio-plastiques » qui accaparent en plus des terres agricoles.

Renforcer les filières de recyclage

Contrairement à une idée reçue, le plastique est valorisable. En revanche, la filière de recyclage actuelle en France a besoin d’être considérablement renforcée car elle traite moins d’un tiers du plastique.
Pourtant, les PET et autres emballages, une fois recyclés, peuvent avoir une seconde vie en entrant dans la production de nombreux objets de tous les jours comme :

  • les cartes à puce de nos téléphones portables ou autres ordinateurs ;
  • les textiles (vêtements, couettes, oreillers, semelles des chaussures, etc) ;
  • certains isolants thermiques ;
  • les poubelles ;
  • du mobilier urbain comme des bancs.

Irremplaçable dans notre société moderne, le plastique est, à tort, montré du doigt comme étant en grande partie responsable de la pollution actuelle. Un raccourci bien trop rapide puisqu’une véritable volonté politique de valorisation à l’échelle mondiale permettrait de recycler cette ressource. Plus que la matière en elle-même, c’est sa gestion en fin de vie qui est à renforcer, comme cela a été le cas dans le passé pour le verre par exemple.

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